Appel de Lausanne
Dans les Alpes, le son du cor relie depuis des siècles les vallées et les communautés. Porté de montagne en montagne, il signale et appelle au ralliement face aux dangers.
Aujourd’hui, la réponse mondiale au VIH traverse une zone de fortes turbulences.
Entre coupes budgétaires brutales et instabilité géopolitique, pour la première fois en trente ans, le risque d’un rebond de l’épidémie, avec une remontée des infections et des décès est réel. L'Afrique subsaharienne est particulièrement affectée par cette crise, avec la fermeture de programmes essentiels de prévention, d'accès aux traitements et de soutien des communautés du VIH.
Le son du cor doit résonner sur la planète : nous devons à Lausanne, contribuer à une mobilisation mondiale indispensable pour mettre fin à la pandémie VIH et à celles des hépatites virales B et C, en garantissant un accès équitable à la santé partout et pour tous.
Des millions de personnes restent privées de dépistage, de soins et de traitements, en raison d’inégalités sociales, de barrières politiques ou de discriminations persistantes. Et pourtant, les progrès scientifiques majeurs des dernières années nous permettent de prévenir, diagnostiquer et traiter ces infections car aucun vaccin ni espoirs de guérison à court terme n’existe pour le VIH après plus de 40 ans de recherche.
Réunis à Lausanne pour la 13ème Conférence internationale de l’AFRAVIH, scientifiques, professionnels de santé, responsables politiques, représentants des communautés et acteurs de la société civile lancent l’Appel de Lausanne et s’engagent à renforcer une action collective fondée sur la science, les droits humains et la solidarité.
Nos engagements :
1. Transformer les avancées scientifiques en politiques publiques ambitieuses
Traduire les connaissances scientifiques en stratégies efficaces, dotées de financements durables et d’objectifs mesurables.
2. Garantir l’accès aux services de santé
Assurer l’accès universel au dépistage, à la prévention et aux traitements du VIH et des hépatites B et C, en particulier pour les populations les plus exposées ou marginalisées.
3. Renforcer le rôle des communautés
Soutenir leur participation et leur leadership dans la conception et la mise en œuvre des réponses sanitaires, tout en luttant contre la stigmatisation et les discriminations. Partout, promouvoir l’information et la formation en matière de santé sexuelle, essentielle tant dans la lutte contre le VIH que celle des droits humains.
4. Promouvoir une solidarité internationale durable
Renforcer les échanges et la coopération entre les acteurs de la santé, les institutions scientifiques, les organisations internationales et la société civile, par-delà les conflits, les clivages sociétaux ou religieux.
Conclusion :
Face à cette menace, nous appelons la communauté internationale et les pays donateurs à maintenir leurs contributions vitales, et à tous les États à accélérer leur autonomie en consacrant une part plus importante des budgets à la santé.
Comme le son des cors, faisons circuler cet engagement à travers nos continents. Car c’est dans la rencontre entre la science, la mobilisation citoyenne, la détermination politique que doit émerger un monde où la santé ne sera plus un privilège, mais un droit partagé. Nous ne pouvons pas ralentir : l’atteinte des objectifs portés par l’ONUSIDA sont à portée de main, à condition d’agir avec détermination et responsabilité collective.
L'Appel de Lausanne compte actuellement 2 signataires
Signataires :
[Liste des organisations, des personnalités et des individus soutenant cet appel]
| Marion Coste | France | Université de Pau et des Pays de l'Adour |
| Laurent DURIEUX | France | IKMATA - Agence de communication |

